l'#exercice devrait précéder le #médicament

Par Alain TOUIZER, le 24 fév 2015 à 06h00 dans GENERALE | 0 commentaire
Le Dr Michael Joyner, physiologiste à la Mayo Clinic rappelle que l'inactivité physique affecte non seulement la santé de nombreux patients obèses, mais aussi de personnes de poids normal, « immobilisées » par des emplois de bureau, mais encore les patients immobilisés pendant de longues périodes après des blessures ou une chirurgie, ou enfin des femmes contraintes au repos pendant leur grossesse, entre autres…

Cette absence prolongée d’exercice peut entraîner un déconditionnement du corps accompagné de vastes changements structurels et métaboliques: La fréquence cardiaque peut s'élever de manière excessive pendant les rares efforts physiques, les os et muscles s'atrophient, l'endurance physique décline et le volume sanguin diminue. Puis, une reprise d’activité physique entraînera une fatigue plus rapide, des étourdissements qui conduiront à y renoncer, bref un cercle vicieux...

Conseils ALJOIMOUR :

> C’est  un point de vu intéressant, qui a toute sa valeur...


Alain TOUIZER

Naturopathie à La Réunion



Oui, répond cet expert américain de la Mayo Clinic qui ajoute que dans certains cas, l'exercice devrait précéder le médicament. Car un mode de vie sédentaire est une cause fréquente d’obésité ou de surpoids, un facteur déclenchant de diabète, d’hypertension artérielle, d’arthrite et d'autres graves problèmes de santé. Et si le manque d'exercice lui-même était traité comme une condition médicale ? C’est bien l’avis de cet expert qui publie son point de vue dans l’édition du 1er août du Journal of Physiology.

Le Dr Michael Joyner, physiologiste à la Mayo Clinic rappelle que l'inactivité physique affecte non seulement la santé de nombreux patients obèses, mais aussi de personnes de poids normal, « immobilisées » par des emplois de bureau, mais encore les patients immobilisés pendant de longues périodes après des blessures ou une chirurgie, ou enfin des femmes contraintes au repos pendant leur grossesse, entre autres…

Cette absence prolongée d’exercice peut entraîner un déconditionnement du corps accompagné de vastes changements structurels et métaboliques: La fréquence cardiaque peut s'élever de manière excessive pendant les rares efforts physiques, les os et muscles s'atrophient, l'endurance physique décline et le volume sanguin diminue. Puis, une reprise d’activité physique entraînera une fatigue plus rapide, des étourdissements qui conduiront à y renoncer, bref un cercle vicieux.
«L'inactivité physique est à l'origine de bon nombre de problèmes parmi les plus courants», rappelle le Dr Joyner. « Si nous devions la médicaliser, nous pourrions alors développer une certaine manière de la prendre en charge, comme nous l’avons fait pour la toxicomanie, le tabac et d'autres addictions, proposer des traitements et des soins, mettant l'accent sur les modifications comportementales et l'activité physique. Cela s’accompagnerait de mesures de santé publique, comme nous l'avons fait pour le tabac, l'alcool au volant … »

Dans certains cas, l'exercice devrait précéder le médicament : L’auteur cite d’autres affections chroniques, comme la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique et de tachycardie orthostatique caractérisé par un rythme cardiaque excessif.

Trop souvent, on prescrit des médicaments plutôt que la reprise progressive d’une activité physique. Des études du Texas Health Presbyterian Hospital de Dallas et de l'Université du Texas évoquées par l’auteur, ont montré que 3 mois de formation à la reprise de l’exercice peut inverser ou améliorer de nombreux symptômes.  Si l'inactivité physique était traitée comme une maladie plutôt que comme un facteur de risque, les médecins prendraient aussi conscience de la valeur de prescrire de l’exercice et des programmes de réadaptation dont la thérapie cognitive et comportementale.

Il s’agit de reprendre l’exercice progressivement, ajoute le Dr Joyner. « Inutile de vous entraîner direct pour le marathon, commencez par des objectifs réalisables et « dégustez-le à petites bouchées » ». Inutile d’aller au gymnase ou d’avoir son entraîneur personnel, il suffit de penser à intégrer l'activité physique autant que possible dans sa vie au quotidien. Encore une fois, marcher seulement 10 minutes trois fois par jour ou 150 minutes d'activité physique modérée par semaine répond aux besoins physiologiques de l’adulte.