La #médecine conventionnelle n'a alors rien à proposer. Que faire alors ?

Par Alain J. TOUIZER, le 09 janv 2015 à 06h16 dans SANTE | 0 commentaire
Le problème est que cette attitude, certes confortable pour soi, provoque une atroce déchirure chez la victime. Pour pouvoir surmonter sa douleur, se reconstruire, pardonner à son agresseur, et enfin retrouver la sérénité, la victime a d'abord besoin que la réalité de l'injustice soit reconnue. C'est une première étape indispensable. Si cette réalité est niée, ou minimisée, elle restera obsédée par ce qu'elle a subi et s'enfermera dans un enfer mental.

Eh bien il me semble que c'est la même chose pour la douleur d'un patient. La personne douloureuse ne peut commencer à envisager d'apprendre à vivre avec sa douleur si celle-ci est niée par son entourage. La première étape de l'acceptation de la souffrance ne doit donc pas être accomplie par le patient lui-même, mais par son entourage, les médecins, le personnel soignant, ou toute autre personne présente, qui doivent reconnaître la réalité de la douleur.

Conseils ALJOIMOUR :

> Il est clair que reconnaitre l'existence d'un problème est la première étape de toute action thérapeutique et cet article en parle clairement.

> La deuxième qui peut ne pas plaire à certains, est celle lié à la responsabilité de sa propre vie en voyant là où l'on se pose en victime pour ne pas avoir à s'assumer …

 

Alain TOUIZER

Naturopathie à La Réunion



La douleur est réelle

Si vous souffrez terriblement, la première chose que j'ai à vous dire est que je vous crois. Je ne doute pas un seul instant que votre douleur est réelle. Je pense d'ailleurs qu'elle est pire encore que vous ne voulez bien le dire. Car notre corps est capable de nous torturer, jusqu'à nous donner envie de nous couper un membre (si c'est un membre qui nous fait mal) ou de nous suicider si ça ne suffit pas.

Et cette situation n'est ni rare, ni extrême. Au contraire : la douleur vient si facilement, elle devient vite si violente, et elle est si répandue, que bien heureux celui qui n'a pas eu ce rêve de se jeter d'une falaise pour qu'enfin, cessent les tourments. Imaginez vivre avec la sensation permanente qu'on vous applique un fer à repasser bouillant contre la joue, vous provoquant une douleur à hurler sauf que vous ne pouvez pas parce qu'on vous prendrait pour un fou et qu'on vous internerait : c'est ce que ressentent bien des personnes atteintes de zona sur le visage.

Imaginez vivre couché, le moindre mouvement vous déclenchant la douleur d'un coup de couteau dans la cuisse, et ce pendant des semaines ou des mois, à tel point que vous préféreriez qu'on vous coupe la jambe, mais on ne peut pas le faire parce que ça ne changerait rien, la douleur étant provoquée par une inflammation de votre nerf dans la moelle épinière : c'est ce que ressentent tant et tant de personnes qui souffrent de sciatique.


Et je pourrais donner des centaines d'exemples.

La douleur des autres fait peur, y compris au personnel médical. Alors le plus simple est de la faire disparaître par des moyens qui suppriment la conscience du patient (anesthésiants), ce qui est une façon de priver de sa vie la personne douloureuse (je préfère le terme « douloureuse » à celui de « souffrante », qui regroupe tous les malades, y compris ceux qui n'ont pas mal).


Un autre moyen, qui est pire, est de nier cette douleur, en disant qu'elle est imaginaire, psychologique, (ou « psychosomatique », cela fait plus savant), faisant de la personne qui souffre... le coupable, un dérangé ou un égoïste qui affabule pour accaparer l'attention. Là aussi, en général, on essaye de l'assommer à coup de somnifères et d'antidépresseurs, soi-disant pour l'aider, en réalité pour s'en débarrasser.

Et c'est là que, pour la personne douloureuse, s'ouvrent les portes de l'enfer. La douleur est une injustice
Je considère au contraire que, face à la douleur, il est essentiel que l'entourage reconnaisse le caractère objectif, indiscutable des faits. C'est pour moi la pire chose que l'on puisse faire à une personne douloureuse, que de l'accuser d'inventer sa douleur.

Je vais faire un parallèle entre les victimes de douleurs et les victimes d'injustice, car ce sont deux situations proches, la douleur étant une injustice, et l'injustice étant une douleur (douleur morale, mais qui peut être d'une extrême violence). Les victimes de crimes demandent avant tout qu'on ne nie pas la réalité de ce qui leur est arrivé, qu'on ne leur dise pas que c'est leur faute, qu'on ne cherche pas à excuser leur agresseur ou à lui trouver des raisons.

Si vous commencez à minimiser ou à nier les faits, vous causez à la victime une douleur plus vive encore que celle du crime lui-même. Vous la mettez dans un état de détresse qui peut la conduire à la folie ou au suicide (à ce sujet, on parle beaucoup du suicide dans les prisons, mais les statistiques de suicide sont bien plus élevées chez les personnes qui ont été victimes d'agressions, en particulier lorsque la Justice n'a pas pu ou voulu rendre justice).

Malgré tout, cela reste un réflexe on ne peut plus répandu, que de chercher une « explication » au crime, cette explication faisant en général intervenir le comportement, la personnalité de la victime, qui n'aurait pas dû être comme ci, faire cela, regarder l'agresseur comme ceci, se trouver à tel endroit, à tel moment, et qui ne peut donc pas s'étonner d'avoir été... frappée, violée, poignardée.

Faites l'expérience sur vous-même : lorsque vous lisez des récits de crimes dans la presse, votre cerveau va immédiatement chercher dans les détails de l'histoire les raisons qui font que ce drame n'aurait pas pu vous arriver. « Je n'habite pas ce quartier ». « Je ne prends jamais cette rue ». « Je suis un homme », alors que la victime est une femme, ou l'inverse.. « Je suis adulte », alors que la victime est un enfant. « Mes enfants ne sont pas dans ce collège ». « Je n'aurais jamais commis un telle imprudence »...

Je crois qu'il y a d'ailleurs une explication psychologique à cela : pour se rassurer, l'être humain a besoin de s'imaginer qu'il contrôle les événements de sa vie. Il se persuade que ce qui lui arrive n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat de choix et de décisions qu'il a prises. Et cela va le pousser à considérer la victime comme au moins partiellement responsable de ce qui lui est arrivé.

Le problème est que cette attitude, certes confortable pour soi, provoque une atroce déchirure chez la victime. Pour pouvoir surmonter sa douleur, se reconstruire, pardonner à son agresseur, et enfin retrouver la sérénité, la victime a d'abord besoin que la réalité de l'injustice soit reconnue. C'est une première étape indispensable. Si cette réalité est niée, ou minimisée, elle restera obsédée par ce qu'elle a subi et s'enfermera dans un enfer mental.

Eh bien il me semble que c'est la même chose pour la douleur d'un patient. La personne douloureuse ne peut commencer à envisager d'apprendre à vivre avec sa douleur si celle-ci est niée par son entourage. La première étape de l'acceptation de la souffrance ne doit donc pas être accomplie par le patient lui-même, mais par son entourage, les médecins, le personnel soignant, ou toute autre personne présente, qui doivent reconnaître la réalité de la douleur.

Besoin de témoignage

Je crois que c'est aussi ce qui explique l'intense besoin de témoignage que ressentent les personnes douloureuses. Elles veulent absolument entendre quelqu'un d'autre raconter sa propre souffrance, parce qu'alors, elles sauront qu'il y a au moins une personne qui sait, qui ne nie pas, qui ne minimise pas, parce que le drame lui est arrivé à elle aussi.

Tant qu'une personne qui souffre n'est pas sûre que quelqu'un a autant souffert qu'elle, elle éprouve une sourde angoisse : l'angoisse de la solitude, l'angoisse de vivre, seule, une épreuve que nul être humain n'a jamais connue, et qui reste indescriptible. En revanche, la rencontre, ou la simple lecture, du témoignage d'une personne qui connaît sa souffrance lui apporte un premier soulagement. C'est normal. C'est même fondamental. Ce n'est pas du sadisme pour autrui, une sorte de réjouissance malsaine, mais au contraire le besoin profondément humain de se savoir compris (ou potentiellement compris) par une autre personne.

 A partir de ce moment-là seulement, la personne souffrante peut accepter la situation et commencer à se demander : « Maintenant, qu'est-ce que je fais concrètement pour pouvoir recommencer à vivre, avec ma douleur ? »

Les douleurs sans solution connue

Si votre douleur est causée par des tissus endommagés, par exemple des problèmes de cartilage, une hernie, une fracture, une brûlure grave, etc., vous vous concentrerez bien sûr d'abord sur cette cause, sans garantie d'ailleurs qu'une solution soit trouvée. Mais il existe bien souvent des situations dans lesquelles on ne résoudra pas la cause. De nombreuses maladies provoquent d'intenses douleurs parce que le système nerveux traite la douleur de façon anormale, par exemple, la fibromyalgie.

Sans aucune blessure ou maladie observable, vous éprouvez une douleur musculaire diffuse, profonde et continue, sans répit, avec des périodes d'exacerbation. Des points sensibles vous font souffrir quand on appuie dessus. Vous êtes fatigué, vous dormez mal, vous perdez la mémoire. La fibromyalgie peut aussi provoquer des troubles digestifs (côlon irritable, etc.), le syndrome des jambes sans repos, une cystite interstitielle.

Nous allons donc traiter du cas le plus difficile : celui d'une douleur intense, pour laquelle la médecine n'a pas de solution connue, parce que la cause se trouve directement dans le système nerveux. Ces maladies rendent la vie infernale. Bien souvent, le patient sombre en dépression. Le taux de suicide est 10 fois plus élevé chez les personnes atteintes de fibromyalgie que dans le reste de la population, et pour cause, la douleur est insupportable, et s'aggrave encore en période de stress, en cas de fatigue et même avec un changement de temps.

La médecine conventionnelle n'a alors rien à proposer. Que faire alors ?


Eh bien fort heureusement, il y a beaucoup à faire. Et c'est ce que nous allons voir, ces conseils pouvant s'appliquer à toutes les personnes douloureuses :

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