Notre relation profonde a la #nourriture

Par Alain J. TOUIZER, le 26 sept 2014 à 06h14 dans SANTE | 0 commentaire
Elle évoque immanquablement une cuisine épicée et un certain exotisme. Pourtant elle obéit à une approche plus subtile, en accord avec la constitution de chacun...



Voici un article que M Alain Touizer, Naturopathe en santé globale a sélectionné pour son intérêt et l'a mis sur le blog de son site ww.aljoimour.com
 

CUISINE AYURVEDIQUE

L’Ayurveda, une branche du Veda, tradition primordiale de l’Inde, est un système de médecine et de diététique qui remonte à plus de 5.000 ans et recouvre tous les domaines de la santé.

Le mot sanskrit « Ayur-Veda » signifie « Science de la Vie ». L’Ayurveda développe un système de médecine repartie en huit branches : médecine générale, pédiatrie, diététique, toxicologie, chirurgie, maladies mentales, possession et psychiatrie, rajeunissement, aphrodisiaques.

Ce n’est pas seulement la science médicale hindoue, préventive et curative, c’est aussi une philosophie et un art de vivre. Il ne traite pas les symptômes, il guérit en remontant aux causes de la maladie. Il est la recherche d’une vie équilibrée.
 

Les principes

La diététique enseignée par l’Ayurveda repose sur la compréhension de la constitution individuelle et de l’influence des aliments sur cette constitution.

Pour mieux prendre en compte sa constitution individuelle, il faut avant tout apprendre à la reconnaitre.

L’Ayurveda se base sur l’interaction de cinq éléments (Terre, Eau, Feu, Air et espace) et sur leur manifestation sous la forme de trois types constitutionnels appelées Dosha : Vata (air et espace), Pita (feu et eau) et Kapha (terre et  eau). En observant comme il réagit à ses conditions environnementales, psychologiques et à son alimentation, et donc, comme les éléments s’expriment en soi, chacun peut déterminer son type propre constitutionnel.

En comprenant comme votre métabolisme fonctionne, vous pouvez commencer à travailler avec lui, et non plus contre lui.
 

Les principes :

•    Prise de conscience de l’acte de manger : cela consiste à être attentif, au moment de manger, ici et maintenant, à ce qui se passe,  à cette interdépendance de notre corps avec les éléments issus de la nature.

•    Savourer notre nourriture, tout en évitant les excès lies à un plaisir devenu obsessionnel ou, à l’opposé, a une différence qui confine la négligence. Adopter une attitude mentale positive est très important.

•    Environnement : mangeons dans le calme, sans le journal, la radio, la télé, dans une ambiance et avec une compagnie agréables. Remettons les conflits à plus tard !

•    Respect d’une certaine chronologie : par exemple, les fruits toujours en entrée ou mieux encore à distance des repas.

•    Des quantités raisonnables : à volume de deux mains en coupe, ou de deux poings réunis, est une moyenne correcte.
 

Quelle nourriture ?

Bien évidemment la plus proche de son état naturel : des aliments simples, frais, complets, issus de la culture biologique, transformés le moins possible.

Elle doit respecter un équilibre entre le cru et le cuit, selon chaque constitution : les personnes à dominante Pitta digéreront plus facilement le cru que les personnes à dominante Vata ou  Kapha. Elle sera riche en légumes,  céréales, légumineuses et fruits.

Mais aussi la plus pauvre possible en produits animaux (ceux-ci étant chargés en toxines, à un point qui dépasse l’imagination), raisonnable en produits laitiers, et, là encore, dans le respect de la constitution de chacun, les personnes à dominante Kapha devant les éviter dans la mesure du possible, les personnes Pitta pouvant les consommer modérément.
 

Comment changer d’alimentation ?

Toujours progressivement, jamais brutalement. La règle de base est de toujours éviter l’excès : le corps vous fera payer sans tarder les changements brutaux !

Une personne qui mange de la viande deux fois par jour peut commencer à supprimer un repas « carnivore » par semaine, en remplaçant la viande par un plat de céréales et légumineuses. Puis, si cela lui convient, elle peut continuer ce remplacement progressif au rythme qui lui  dicte son corps.
 

Notre relation profonde a la nourriture

Chacun d’entre nous a une relation affective à la nourriture : des le jour de notre naissance, nous sommes nourris par notre mère, geste qui touche le summum de l’affectivité.

Puis, en grandissant, cet acte, qui se répète trois fois par jour nous imprègne peu à peu de sa charge émotionnelle (plaisir ou dégout, aliments recherchés ou rejetés, associés à l’idée de convivialité ou de conflit, addictions ou tolérances totales), culturelle et/ou religieuse (aliments recommandés ou interdits, porteurs de symbole, liés aux saisons et aux fêtes qui s’y rapportent…)

La nourriture devient bientôt indissociable de la mémoire, heureuse ou malheureuse, et se charge fortement de tous ces liens affectifs, positifs ou négatifs.

Ce qui explique qu’il est parfois difficile de changer ces habitudes alimentaires qui peuvent nous nuire (nous pouvons tenir plus encore à ce qui nous enchaine qu’à ce qui nous libère) et que nous avons tant du mal à remettre en question car nous ne souhaitons pas « par-dessous le marché » nous charger de la culpabilité que représente la remise en cause des habitudes alimentaires et vitales des ancêtres !
 

La nécessité d’une nourriture vivante

Vitale, de toute évidence, elle est cette nourriture ! au point que nous sommes réellement ce que nous mangeons puisque toutes les cellules de  notre corps sont entièrement renouvelées tous les sept ans !

Chaque jour, à chaque repas, ce que nous mangeons participe activement à ce renouvellement. C’est pour ça qu’il est primordial de veiller à la qualité de ce que nous mangeons.

Nous ne sommes pas divisés entre un intérieur et un exterieur, nousne sommes pas des microcosmes séparés du macrocosme. La nourriture fait le lien et le va-et-vient entre les deux.

L’Ayurveda conseille de façon générale une alimentation végétarienne pour, sur un plan purement matériel, faciliter l’élimination des toxines, puis, sur des plans subtils, permettre à l’énergie de la Lumière et du Prana de baigner librement chacune de nos cellules.

Le Prana est la force de la vie fondamentale de l’Univers.

Lorsque nous respirons, nous abreuvons, nous nourrissons, nous exposons au soleil (raisonnablement) ou voyons de belles choses, il pénètre les différents niveaux de notre corps. La pureté de l’air, de l’eau, et de la nourriture sont donc des facteurs essentiels d’une circulation efficace et harmonieuse du Prana dans le corps.

Les plantes synthétisent naturellement tous les Eléments indispensables à notre propre vie, la Lumière étant cependant l’élément majeur sans lequel elles ne peuvent accomplir la précieuse synthèse chlorophyllienne.

Elles viennent nourrir notre Prana au même titre que nous respirons et que la Lumière qui nous baigne.

Si des toxines se sont accumulées à divers niveaux dans le corps, elles vont sérieusement entraver la circulation du Prana et des énergies de la Lumière. A condition d’être complètes et de culture biologique, les plantes qui nous nourrissent, légumes, céréales, légumineuses, fruits, épices vont aider au nettoyage de tous les nadis, canaux le long desquels circulent les énergies praniques du corps.


Les cinq Eléments, les trois Doshas et les six Saveurs

Les cinq Eléments, Espace, Air, Feu, Eau, Terre, interagissent continuellement pour créer des atomes, des molécules, des minéraux, des végétaux, des êtres, des aliments et toutes les formes de vie. La nourriture est le gardien des cinq Eléments. Dans sa transformation, le corps vital est formé.

Nous devons percevoir la Terre comme le référent de notre existence : nous sommes formés des mêmes éléments que l’arbre ou l’animal.

Elle est notre corps physique et l’Eau son fluide, le Feu est l’acide et les enzymes du corps, l’Air, est le Prana et le souffle, l’Espace est le lieu de la vibration conjointe de touts les systèmes vitaux.

Chacun a en lui une configuration unique des cinq Eléments. Les cinq Eléments sont transmutés dans les trois Doshas  et s’expriment à travers leurs qualités. Les trois Doschas sont Vata, Pitta et Kapha, et les six Saveurs (doux, acide, salé, piquant, amer, astringent) manifestent l’action des éléments dans la nourriture
  
 
 
 
 

Cela ne signifie pas que chaque type ne mange que des aliments n’ayant que trois de ces six Saveurs : les trois Doshas opèrent chez chaque individu, dans des proportions diverses, la combinaison des six Saveurs est donc nécessaire pour le régime alimentaire de chacun.

Ce sont les justes proportions qui sont le facteur déterminant de la bonne santé.

Les trois Doshas sont comme les trois courants de l’unique rivière de l’intelligence naturelle universelle ? Cette rivière est le Soi-même » Maya Twari.

Prenons l’exemple d’une personne de constitution à dominante Vita, elle va se sentir mieux par temps chaud et humide, et dans des conditions assez stables, et beaucoup moins bien par temps froid et sec. Elle supportera mal les voyages en avion.

En cas de déséquilibre, la chaleur, le calme, un bain chaud, des horaires plus réguliers et les saveurs douces, acides, et salées vont l’aider à se rétablir. Et, lorsqu’elle se sent de nouveau, en équilibre, elle peut réintroduire le piquant, l’amer l’astringent dans son alimentation, en douceur et en quantité raisonnable et toujours moindres que celles qui conviendraient à des personnes à dominante Pitta ou Kapha.
 

De la théorie à la pratique

En atelier nous découvrons le jeu des Eléments dans notre constitution et, en expérimentant, goutant, testant, cuisinant céréales, légumes légumineuses, beurre clarifié, fruits et épices nous apprenons à introduire joyeusement l’harmonie dans notre relation à notre corps et à notre Vie.

La première étape pratique est la fabrication du ghee, le beurre clarifie que l’on obtient en faisant fondre du beurre doux, très doucement, afin de séparer sa partie bénéfique de diverses toxines qu’il contient. Il devient alors, l’un des meilleurs gras qui soit pour la cuisson avec l’huile de sésame.

Le ghee est régénérant et nourrissant, il stimule les fonctions hépatiques, il augment Agni (le feu digestif, ou fonction enzymatique) sans pour autant aggraver Pitta et il est le meilleur corps gras pour les personnes de type Vata et Pitta ; les personnes de type Kapha doivent le consommer avec plus de modération.

Nous faisons aussi les mélanges d’épices adaptées à chaque Dosha pour qu’à table chacun puisse ajouter celles qui lui conviennent le mieux à sa nourriture.

1.    Pour Vata : cardamone, fenouil, cumin, curcuma
2.    Pour Pitta : coriandre, cumin, fenouil, curcuma
3.    Pour Kapha : gingembre, poivre noir, fenugrec, cumin, curcuma

Une personne qui ressent un déséquilibre Vata (agitation, anxiété, peau sèche, froid), peut aussi prendre 1 c.a. c. du mélange 1, dans un peu d’eau tiède avant le repas ; pour un déséquilibre Pitta (chaleur, acidité, inflammations) 1 c.a. c. du mélange 2, avec le repas ; pour un déséquilibre Kapha (lourdeurs, accumulation de mucus), 1 c. à c. du mélange 3 en fin de repas.

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Claudine Collet-Rubiello
Diplômée en nutrition ayurvédique  de l’Institut Européen d’Etudes Védiques