#Parkinson: cette #maladie silencieuse!

Par Alain J. TOUIZER, le 10 déc 2013 à 03h52 dans SANTE | 0 commentaire
On ne le sait pas assez mais la maladie de Parkinson peut se manifester de façons très différentes ; tremblement au repos, mais aussi fatigues, problèmes digestifs…
On ne le sait pas assez mais la maladie de Parkinson peut se manifester de façons très différentes ; tremblement au repos, mais aussi fatigues, problèmes digestifs….

À la multiplicité de ces tableaux s’ajoute le fait que la dégénérescence neurologique a déjà sérieusement commencé son travail de sape quand le patient prend conscience des premiers symptômes.

Les troubles devenant vite gênants, les médicaments sont prescrits. Or si ces derniers améliorent la vie quotidienne ils engendrent eux aussi des altérations cérébrales graves
.

Dossier réalisé avec le concours du Dr Naïma Bauplé et de Vittoria Siegel (conseil en médecine nutritionnelle).


Le défi du dépistage

En plus du tremblement, symptôme le plus connu mais pas forcément le plus courant, la maladie de Parkinson peut se traduire par de nombreux signes dont les manifestations restent subtiles et fortement variables selon les individus. Du coup on fait appel aux médicaments pour valider un diagnostic difficile à faire.

Le dépistage de la spécificité de cette maladie qui attaque de façon insidieuse notre cerveau reste très difficile. Pourtant, il est d’autant plus important de la détecter qu’elle est évolutive. C’est le défi que nous lance cette maladie silencieuse : parvenir à la repérer le plus en amont possible, quand le processus n’est pas encore totalement irréversible.

Quelques facteurs favorisant la maladie:

Les origines de la maladie de Parkinson ne sont pas connues avec certitude. Plusieurs thèses sont avancées mais aucune n’est satisfaisante. Vraisemblablement, la maladie s’exprime à partir de l’association de plusieurs facteurs, notamment d’origine environnementale (exposition à des toxiques, à un stress grave…), et alimentaire.

D’autres facteurs jouent également un rôle:
 

Une prédisposition génétique

Bien qu’elles diffèrent d’une famille à l’autre, des mutations ont été identifiées. Une étude réalisée auprès de 19.842 jumeaux de type caucasien révèle que, dans la grande majorité des cas, seul l’un des jumeaux est frappé par la maladie, ce qui suggère bien l’intervention de facteurs extérieurs dont la nature reste encore à déterminer.

Toutefois, il semble que certaines ethnies soient plus touchées, comme les Maghrébins et les Ashkénazes. En tout état de cause, la prédisposition génétique n’est pas le seul facteur à intervenir. Si c’était le cas, la maladie de Parkinson toucherait des enfants, et ce dès leur plus jeune âge.


La castration chirurgicale:

Des femmes ayant subi une ovariectomie avant l’âge de la ménopause présentent un risque sensiblement augmenté de faire un syndrome parkinsonien.

Déficit en calbindine:

Des recherches récentes montrent que cette protéine chargée de réguler l’entrée du calcium dans les cellules manque chez les parkinsoniens.Un défaut de stockage du fer au niveau des vésicules de dopamine pourrait être aussi à l’origine de la destruction des neurones dopaminergiques.

Des traumatismes répétés au niveau de la face: c’est le cas des boxeurs (à l’instar de l’ancien champion du monde Cassius Clay « Mohamed Ali »)

Des symptômes variables

À ce jour aucun examen complémentaire de routine (biologique ou radiologique) n’est perturbé par la présence de la maladie de Parkinson. Le diagnostic repose donc essentiellement sur l’interrogatoire et l’examen clinique.

Trois signes caractéristiques se présentent :

> Le tremblement

Signe de cette maladie le plus connu du grand publique, et qui souvent fait consulter. Il apparaît au repos, il est lent et régulier et disparaît lors des mouvements et du sommeil. Il prédomine au niveau de l’extrémité des membres et il est caractéristique lorsqu’il siège aux mains.

Enfin, il est le plus souvent asymétrique. Certaines émotions ou des efforts de réflexion intense l’aggravent considérablement. Bien qu’évocateur de la maladie, il n’en est pas un signe spécifique; d’autres maladies provoquent un tel tremblement. Son absence n’invalide pas non plus le diagnostic car un malade sur trois ne tremble pas et ne tremblera jamais.

> La rigidité

Due à une hypertonie des muscles. Comme le tremblement, elle est asymétrique et affecte des loges différentes d’un malade à l’autre au niveau des membres ou du dos. Elle est facilement mise en évidence quand on demande au patient d’étendre son membre; il le fait alors par à-coups, phénomène dit de la roue dentée.

> Le ralentissement des mouvements

La bradykinésie s’accompagne de leur raréfaction et de la diminution de leur amplitude. Lors de la marche, la longueur des pas est réduite, les bras ne se balancent plus le long du corps. Le visage se fige, devient inexpressif. L’écriture rapetisse considérablement. La voix prend un ton monotone et perd en intensité; parfois, l’élocution est aussi touchée et la communication verbale devient difficile.

Ces trois signes varient considérablement dans le temps, au gré des émotions et du stress qu’elles génèrent.

De plus, comme la dopamine n’est pas impliquée uniquement dans la régulation de la motricité mais aussi dans celles de la motivation et de l’humeur, les symptômes caractéristiques (tremblement de repos, rigidité musculaire, ralentissement des mouvements, faciès figé) ne sont pas toujours réunis ni toujours les premiers à apparaître.