Le #harcèlement #sexuel, ça peut toucher tout le monde ?

Par Alain TOUIZER, le 04 oct 2013 à 17h47 dans SANTE | 0 commentaire
Le harcèlement sexuel n’est pas anodin, il y a de vraies conséquences médicales pour les victimes, qui parfois ont des idées voire des gestes suicidaires. Il s’agit bien d’une pathologie médicale. D’autre part, quand on a été victime une fois, la probabilité qu’on le soit à nouveau est d’autant plus forte si on n'est pas pris en charge : l’image de soi est si dégradée que la victime imagine qu’elle l’a cherché, que c’est sa faute et elle trouverait cela presque normal.

Le harcèlement sexuel, ça peut toucher tout le monde ?
Il s’agit en grande majorité de femmes, mais de toutes les catégories sociales. Quand cela se passe sur le lieu de travail, elles sont mises en situation chronique de stress par un collaborateur, un supérieur hiérarchique, n’importe qui avec qui elle aurait un lien de subordination. Il exerce des pressions répétées, par différents moyens du type menaces ou chantage, pour obtenir des faveurs sexuelles. Pour autant, les victimes ne sont pas toutes en situation de faiblesse au départ. Il n’existe pas encore beaucoup d’enquêtes en France, mais avoir un statut social, avoir fait des études, ne met pas à l’abri...

Conseils ALJOIMOUR :

  • C’est une très bonne démarche que des structures soient mises en place.
  • Notre société et le regard que l'homme a souvent sur la femme est assez terrible.
  • La sexualité déséquilibrée est une plaie qui fait beaucoup de dégâts

Alain TOUIZER

Naturopathie à La Réunion


Pourquoi mettre en place une structure spécifique ?

C’est tout simple : nous avons constaté qu’il n’existait aucun véritable dispositif d’accueil médical de ces victimes. Les associations font un gros travail au plan juridique, mais au niveau médical, il n’y a rien. L’idée est que la structure soit accessible à tous, sans conditions de ressources. Nous avons donc pensé à mettre en place un numéro vert. En deux semaines d’existence, nous avons reçu une quinzaine d’appels.

Comment ce service va-t-il accompagner les victimes ?

Via le numéro vert, une secrétaire prend les coordonnées des victimes, et trente-cinq psychiatres ou psychologues se relaient pour les rappeler et fixer un rendez-vous dans les 24 à 48 heures.

Sur la base d’un premier bilan clinique, on peut établir un diagnostic : nous avons parfois des appels pour des agressions sexuelles, qui est un cas différent. Dans un premier temps, on écoute les victimes, pour qu’elles se déchargent de l’émotion. Il faut rappeler que le harcèlement sexuel est très pernicieux, les dégâts sont absolument considérables au niveau de l’estime de soi, c’est donc une difficulté car les victimes viennent parfois à reculons.

Souvent, leur conjoint est le dernier à savoir qu’elles sont harcelées, car les victimes ont honte. Une dynamique mentale, avec des fantasmes délétères pour l’image de soi, se met en place, freinant le pas vers la consultation ou la démarche juridique.

Les psychologues et psychiatres, dont la plupart sont formés en sexologie, vont ensuite proposer une thérapie spécifique, cognitique, comportementale ou verbale, en fonction des capacités d’élaboration et de verbalisation des victimes. Dans certains cas, on leur propose un traitement médicamenteux : cette pathologie chronique de stress peut se transformer en authentique état dépressif.


Cela peut prendre des mois, voire des années, pour aller mieux.

Il y a enfin un volet social dans notre structure, car parfois les victimes se retrouvent dans des situations de précarité économique, qui les rend encore plus vulnérables. Ici, elles peuvent rencontrer des assistantes sociales.

Que se passe-t-il si les victimes ne sont pas prises en charge ?

Les conséquences psychologiques peuvent être très lourdes : anxiété, altération durable de l’image de soi, sentiment de culpabilité et de honte, sensation d’incurabilité («on ne peut rien faire pour moi»), éléments de dépression, somatisation et troubles de la libido. A terme, les victimes se retrouvent en position d’évitement de la situation, ce qui signifie que quand le harcèlement a lieu sur le lieu de travail, elles cherchent à ne pas y retourner.

Leur absentéisme peut les conduire au licenciement : il y a donc un risque économique, de perte d’emploi. Du coup, elles sont isolées, leurs contacts sociaux s’appauvrissent, menant à une grande solitude. D’autre part, les victimes finissent par entretenir un trouble durable dans le rapport de contact à l’autre sexe : les victimes étant en majorité des femmes, à chaque rencontre avec un homme, elles se sentent en situation de risque.

Le harcèlement sexuel n’est pas anodin, il y a de vraies conséquences médicales pour les victimes, qui parfois ont des idées voire des gestes suicidaires. Il s’agit bien d’une pathologie médicale. D’autre part, quand on a été victime une fois, la probabilité qu’on le soit à nouveau est d’autant plus forte si on n'est pas pris en charge : l’image de soi est si dégradée que la victime imagine qu’elle l’a cherché, que c’est sa faute et elle trouverait cela presque normal.


Le harcèlement sexuel, ça peut toucher tout le monde ?

Il s’agit en grande majorité de femmes, mais de toutes les catégories sociales. Quand cela se passe sur le lieu de travail, elles sont mises en situation chronique de stress par un collaborateur, un supérieur hiérarchique, n’importe qui avec qui elle aurait un lien de subordination. Il exerce des pressions répétées, par différents moyens du type menaces ou chantage, pour obtenir des faveurs sexuelles. Pour autant, les victimes ne sont pas toutes en situation de faiblesse au départ. Il n’existe pas encore beaucoup d’enquêtes en France, mais avoir un statut social, avoir fait des études, ne met pas à l’abri.