#L’acné chez l’adulte

Par Alain TOUIZER, le 23 sept 2012 à 05h57 dans GENERALE | 0 commentaire

Conseils ALJOIMOUR :

> On considère l'acné comme une difficulté  à faire face à sa sexualité, la rencontre avec le sexe opposé
> Tous les corticoïdes et les pommades à base de cortisone bloquent la circulation d'énergie et ne règle souvent pas grande chose.



Alain TOUIZER

Naturopathie à La Réunion




Vous vous trompez si vous pensez que l’acné est un problème qui ne concerne que les adolescents. En effet, 25 % des hommes et 50 % des femmes en souffriraient à un moment ou un autre de leur vie adulte. Et même les plus grandes stars comme, par exemple, Victoria Beckham, Cameron Diaz ou Katy Perry qui peuvent pourtant s’offrir les meilleurs produits de beauté et dermatologues n’échappent pas aux problèmes de peau.

La médecine conventionnelle ne comprend pas toutes les raisons expliquant que certains aient la peau couverte de boutons et d’autres non, mais plusieurs facteurs pourraient jouer un rôle, à commencer par les antécédents familiaux, des modifications hormonales et le stress. Pourtant, la réponse des médecins à ce problème est généralement toujours la même : une crème ou un gel à action locale à base de rétinoïdes, d’antibiotiques, de peroxyde de benzoyle ou d’acide azélaïque et, pour les formes les plus sévères, des antibiotiques ou des rétinoïdes par voie orale. De plus, on prescrit souvent aux femmes un contraceptif oral.

Outre que ces médicaments sont la plupart du temps inefficaces, ils s’accompagnent de nombreux effets indésirables, des troubles cutanés mineurs tels que rougeurs, brûlures ou peau qui pèle (desquamation) avec un traitement local à des conséquences psychologiques et systémiques, dépression et troubles hépatiques (dans le cas d’une prise orale) notamment.

Il n’est donc pas étonnant que tant de personnes souffrant d’acné — et de scientifiques en dermatologie — cherchent un moyen plus efficace de traiter ce problème de peau si pénible. Par chance, plusieurs solutions non médicamenteuses ont fait leurs preuves.


Des plantes bénéfiques

  • Le thym. D’après les dernières recherches sur l’acné, le thym serait plus efficace contre ces boutons disgracieux que n’importe quelle prescription standard. Les chercheurs de la Métropolitain University de Leeds, au Royaume-Uni, ont récemment testé in vitro les effets de la teinture de thym, de souci et de myrte sur Propionibacterium acnes, la bactérie responsable de l’acné. Ils ont trouvé que si, avec les trois préparations, cinq minutes d’exposition suffisaient à tuer cette bactérie, la teinture de thym était la plus efficace. Mieux encore, l’effet antibactérien du thym était plus puissant que celui de la concentration habituelle de peroxyde de benzoyle, le principe actif présent dans de nombreux gels et crèmes anti-acné. Cette teinture n’a toutefois pas été testée sur la peau humaine et, par ailleurs, les résultats doivent encore être publiés. Néanmoins, ces découvertes récemment présentées à Dublin lors de la conférence de printemps de la Société de microbiologie générale suggèrent que le thym pourrait avoir un rôle important à jouer dans le développement des futurs traitements contre l’acné. Si vous envisagez d’essayer la teinture de thym, consultez au préalable un herboriste ou un phytothérapeute qualifié.

  • L’huile essentielle de tea-tree. Extraite des feuilles d’un arbre australien de la famille des myrtacées, Melaleuca alternifolia, l’huile essentielle (HE) de tea-tree est un autre antibactérien naturel contre l’acné. En effet, lors d’une étude, cette HE s’est montrée aussi efficace que le peroxyde de benzoyle : un gel à base de 5 % d’HE de tea-tree et une lotion à base de 5 % de peroxyde de benzoyle ont tous deux amélioré de manière significative un problème d’acné léger à modéré chez un groupe de 124 personnes qui en souffraient. Cerise sur le gâteau, l’HE de tea-tree présente moins d’effets indésirables (Medical Journal of Australia, 1990 ; 153 : 455–458). Une étude plus récente portant sur 60 personnes atteintes d’acné a montré qu’un gel à base d’HE de tea-tree était bien plus efficace qu’un placebo pour réduire le nombre et la gravité des boutons (Indian Journal of Dermatology, Venereology and Leprology, 2007 ; 73 : 22–25).
  • La phytothérapie ayurvédique. Un essai clinique comparatif indien sur 20 personnes atteintes d’acné kystique entre une plante ayurvédique, un arbrisseau en fait, guggul (Commiphora mukul) dont on utilise la gomme-résine et un antibiotique, la tétracycline, a montré qu’au bout de trois mois de traitement biquotidien, les lésions avaient nettement régressé dans les deux groupes. Le résultat était cependant plus probant avec la gomme guggul lorsque la peau était particulièrement grasse (Journal of Dermatology, 1994 ; 21 : 729–731). Une autre étude indienne s’est penchée sur l’efficacité de plusieurs extraits de plantes ayurvédiques, en action locale ou par voie orale : Aloe barbadensis (aloe vera), Azadirachta indica (margousier ou neem en ourdou), Curcuma longa (curcuma), Hemidesmus indicus (salsepareille indienne), Terminalia chebula (haritaki) et Withania somnifera (ashwaganda ou ginseng indien). Tous ont fait leurs preuves contre l’acné (Journal of Ethnopharmacoly, 2001 ; 78 : 99–102

  • L’extrait de thé vert. Le thé vert pourrait bien posséder d’intéressantes vertus contre l’acné. Il est riche en anti-inflammatoires et en antioxydants appelés « catéchines », comme l’épigallocatéchine-3-gallate (EGCG), qui seraient bénéfiques à la peau. Dans une étude de chercheurs de l’université de Miami, 20 patients souffrant d’acné ont appliqué sur leur peau une lotion à base de 2 % de thé vert deux fois par jour pendant six semaines. Le nombre des lésions acnéiques a diminué de plus de 50 % et la gravité de l’acné s’est également améliorée (Journal of Drugs in Dermatoly, 2009 ; 8 : 358–364).

« Que l’alimentation soit votre première médecine » (Hippocrate)

  • La nutrition. Si, d’après la doctrine orthodoxe, l’alimentation et l’acné n’auraient aucun lien, de plus en plus de preuves tendent à montrer que les aliments de charge glycémique élevée (produits industriels transformés tels que biscuits salés et d'appéritif, sucre raffiné, gâteaux et autres viennoiseries) pourraient déclencher ou aggraver l’acné (Cutis, 2011 ; 88 : 84–91). Dans une étude, des personnes souffrant d’acné ont suivi durant trois mois un régime à faible index glycémique. Leurs symptômes se sont améliorés de manière significative par rapport à un groupe témoin (The American Journal of Clinical Nutrition, 2007 ; 86 : 107–115). D’autres éléments tendent à montrer que les produits laitiers, en particulier le lait de vache, seraient un facteur déclencheur d’acné (Skin Therapy Letter, 2010 ; 15 : 1–2, 5). Un régime restrictif, excluant les produits laitiers ou d’autres aliments, devrait permettre de déterminer si l’un ou plusieurs d’entre eux provoquent ce problème ou l’aggravent...