TROUBLES MENTAUX LA VISION DE L'AYURDEDA

Par Alain J. TOUIZER, le 13 sept 2011 à 08h44 dans SANTE | 0 commentaire
Selon cette tradition millénaire de l’Inde, nous sommes constitués de trois corps imbriqués les uns dans les autres. Notre bien-être ne s’obtient que quand chacun d’eux esT...

TROUBLES MENTAUX - LA VISION DE L’AYURVEDA

Selon cette tradition millénaire de l’Inde, nous sommes constitués de trois corps imbriqués les uns dans les autres. Notre bien-être ne s’obtient que quand chacun d’eux est correctement nourri en force vitale, le Prâna. L’Ayurveda vient de l’Inde et fut transmise il y a plus de  5000 ans avant J.C. aux Rishis « ceux qui perçoivent la vérité », alors qu’ils méditaient sur la façon d’éradiquer la souffrance de la vie l’homme.

Malgré son grand âge cette connaissance (veda) de la vie (ayur) est toujours pour nous une source riche de conseils pour retrouver ou préserver notre équilibre physique, psychologique et spirituel. Par l’écoute de notre être, nous pouvons atteindre une longévité optimale et un bien-être intérieur durable.

Les corps subtils et leur implication dans les troubles mentaux

Selon l’anatomie ayurvédique, nous possédons trois corps, du plus dense au plus subtil. Chacun d’eux possède des enveloppes dont le rôle est de nous protéger, préserver notre immunité et notre santé mentale.

Le plus évident est le corps physique. En lui, opèrent les doshas, ou « forces vitales » au nombre de trois : Vata, Pitta et Kapha. Ce corps est formé par les aliments et les liquides que nous consommons. Son enveloppe est celle de la nourriture, avec pour centre le nombril.

Le second de nos corps est le corps astral ou psychologique. C’est le lieu des sept chakras (centres astraux ou énergétiques, avec la force de la Kundalini, puissante énergie latente à la basse de la colonne vertébrale. Nourri par les impressions perçues par les sens, le corps psychologique fonctionne à l’état de rêve, il est formé de trois enveloppes.

La première est celle de la respiration où circule notre force vitale, le Prâna. Elle entoure le corps physique  de l’extérieur et représente notre source de vie. La seconde, l’enveloppe émotionnelle, est composée de nos pensées, de notre imagination. Elle est reliée au corps à partir du sommet de la tète et se propage grâce à nos sens. Puis vient l’enveloppe mentale, dans ses fonctions dites « inferieures ».

Ce sont nos pensées, dans l’acte de raisonner. Si vous vous sentez faible, nerveux ou anxieux, ou si vous souffrez de perte de mémoire, votre corps psychologique n’est pas en harmonie. En revanche, lorsque votre corps astral est à la bonne vibration, toute influence négative est écartée, tout comme les pathogènes le sont dans votre corps physique.

Enfin, le corps spirituel ou causal est formé de trois gunas, ou « qualités énergétiques ». Nous absorbons des énergies via la nourriture, les impressions sensorielles et nos relations. Les gunas sont un concept important en Ayurveda, utilises en psychologie. Sattva nous donne notre curiosité, la capacité de penser et notre désir de nous lever.

C’est le domaine de la clarté et de l’éveil de l’âme. Rajas nous apporte la motivation de nous organiser et de travailler. Mais, il entraine aussi la distraction. Tamas nous donne le désir de nous reposer, de nous arrêter ; mais en excès, il apporte la lourdeur et l’ignorance.

Le corps spirituel contient et « manifeste » les deux autres corps. C’est dans sa mémoire que sont enregistrées nos expériences. Il fonctionne à l’état de sommeil profond et durant la méditation, il est formé de eux enveloppes : celle de l’intelligence, la fonction « supérieure », de l’enveloppe mentale, c’est-à-dire, notre volonté, notre détermination et notre pouvoir de perception, et celle de la Félicite, le domaine de l’amour et de la compassion, la conscience.
Si vous manquez de volonté, de créativité ou êtes en proie au chagrin votre corps causal est déséquilibre.

Si vous ne faites rien pour rétablir un niveau de vibration adéquat, petit à petit le déséquilibre s’installe dans tous vos corps.Il existe des lois universelles régissant ces corps. La première est que « la vie est circulation ». Tout blocage de circulation implique une perte de vitalité. La nourriture, l’air, le prâna, nos pensées… circulent à travers différents canaux. Si le courant est interrompu, nous perdons petit à petit notre enthousiasme et notre bien-être intérieur. Il est donc important de maintenir une circulation harmonieuse, et non excessive, détournée ou bloquée.

La deuxième de ces lois est que « l’influence entre ces canaux n’est pas égale »Les plus subtils influencent plus fortement les plus grossiers ». Un blocage de circulation au niveau de votre prâna (force vitale) provoquera des déséquilibres, au niveau physique, tels que constipation, indigestion, épuisement…

De la même manière, le mental est plus subtil que le prâna. Une hyperactivité mentale ou des pensées négatives vont sur le long terme, affecter votre corps physique et causant tout type de maux et maladies. Nous retrouvons là le concept accepté maintenant dans notre société, de la pensée créatrice. C’est pourquoi, l’équilibre de ces trois corps est la clé d’une santé mentale durable.

Les thérapies utilisées pour prévenir et traiter les troubles mentaux

Tout comme notre corps physique a besoin d’une alimentation adéquate pour être en bonne santé, notre mental, considéré comme de la matière subtile dans la vision ayurvédique, nécessite également une nutrition équilibrée pour bien fonctionner. Mais, pris dans le tourbillon de la vie et conditionnés par nos émotions réprimées, nous ne prêtons que rarement attention à la façon dont nous nourrissons notre mental. Comme notre corps, le mental a un métabolisme.

Grace à nos sens, nous récoltons des impressions, que nous stockons dans notre mental, tout comme la nourriture qui passe d’abord dans l’estomac. C’est notre intelligence ou notre discernement qui vont alors transformer ces impressions en expériences et leçons, en créant une mémoire qui va nous aider à évoluer. C’est équivalent au niveau du métabolisme de la nourriture, tache accomplie par notre feu digestif, ou agni, principalement dans l’intestin grêle. Enfin, notre âme va assimiler le fruit de ces expériences, produit final de la digestion mentale influençant notre mode de pensée et notre conception du monde.

Si notre feu digestif n’est pas équilibré, la nourriture ne sera pas transformée efficacement et laissera des toxines dans le système digestif. De même, si nous ne cultivons pas notre discernement, les impressions ne seront pas digérées et créeront également des toxines subtiles, les émotions réprimées. La personne se retrouve donc enfermée dans ses schémas et dans l’incapacité de percevoir la réalité. Ces expériences non digérées agissent dans notre subconscient, influençant notre état mental, jusqu'à ce que nous en prenions conscience pour les transformer enfin.

Alors, la meilleure façon de restaurer notre santé mentale, est de modifier notre environnement intérieur et extérieur. A cette fin l’Ayurveda utilise plusieurs thérapies :

Le yoga, des exercices de respiration consciente (pranayama) ou des soins énergétiques (la Prâna-thérapie avec massage des points mamas – points sensibles vitaux), afin d’améliorer la circulation du Prâna. La pranayama calme et stabilise le mental, en enrichissant notre Prâna. Un des ces exercices, la radishodana, ou « respiration alternée », purifie les canaux subtiles qui transportent le prâna.

Les sons vibratoires (mantras) : Ils transforment les gunas accumulés dans notre conscience, en y amenant plus de Lumière. Le plus important de ces sons est le « om «. Par la récitation consciente, il éclairci le mental, ouvre les canaux et éveille le Prâna. En cas de nervosité, de peur ou d’anxiété, nous choisirons le mantra apaisant « ram ».

La visualisation, la méditation et l’introspection qui, par le retrait de sens vers l’intérieur, aident à différer les impressions déjà reçues. Cela revient à faire un jeun à un niveau subtil. Les émotions réprimées dans le subconscient remontent à la surface et peuvent alors être observées avec détachement, permettant ainsi une purification du mental. Ce nettoyage peut se faire par de pleurs, ceux-ci reflétant une réelle ouverture du cœur et un lâcher-prise du mental.

L’importance de l’alimentation pour la sante mentale

Notre corps, notre mental et notre esprit sont en interaction permanente ; ce qui affecte l’un affecte l’autre. Dans cette vision, il est logique de s’intéresser à notre alimentation. Lorsque l’on cuisine selon les principes de l’Ayurveda, on considère l’impact des aliments sur les fonctions psychologiques mais aussi sur le mental.
Sattva, Rajas et Tamas, vus plus haut, sont les propriétés du mental, mais aussi de tout ce qui existe dans le monde.

En adoptant un régime alimentaire dit sattvique, donc, végétarien, avec des aliments riches en prâna, biologiques et frais, le mental devient clair et calme. Bien entendu, selon vos anciennes habitudes, les effets d’une telle alimentation ne sont pas immédiats. Mais si votre intention est d’aller mieux et que vous adoptez une hygiène de vie en conséquence, en pratiquant la médication et des exercices comme la pranayama, suivre un tel régime vous aidera dans vos efforts vers la santé mentale.

Une nourriture rajasique, trop épicée, salée et acide, ou une consommation trop importante de café et d’alcool tend à perturber le mental en le rendant hyperactif ou irritable, voire agressif. Nous pouvons introduire ce type d’aliments dans le cas de léthargie, mais, il devrait être consommé de façon occasionnelle et combine avec une nourriture sattvique.

Les aliments dits tamassiques créent de la confusion et alourdissent l’esprit. Ils renforcent la dépression, l’inertie. Ce sont les fast-foods, la nourriture frite, cuite au four à micro-ondes, industrielle, en conserve, les restes… mais aussi la viande et le poisson, et une alimentation trop copieuse.

Dans notre société, de nombreuses personnes ont un régime rajasique et tamassique. Il est important de créer un équilibre, en introduisant des aliments frais par exemple. Ces données ne sont pas là pour nous enfermer dans de concepts, mais pour nous faire comprendre l’importance de ce que nous mangeons ; au delà d’une simple valeur protéinique. « Je deviens ce que je mange et digère ».

A ce concept s’ajoute celui des Six Saveurs, ou sat rasa. En sanskrit, rasa signifie « gout », mais aussi « émotion ». Nous avons là deux forces identiques, sur des plans différentes. Le gout est au corps ce que l’émotion est au mental. Une émotion dans le mental tend à produire dans le corps un gout correspondant. L’ingestion d’un gout spécifique tend à créer dans le mental une émotion correspondante. Les gouts influencent directement notre système nerveux et éveillent notre esprit, grâce aux impulsions transmises par le Prâna de la bouche jusqu’au cerveau. Mais trop d’indulgence dans un gout mène à produire ses effets négatifs.

Ces six Saveurs sont : le sucre/doux ou neutre, l’acide, le salé, le piquant, l’amer et l’astringent. L’Ayurveda conseille de consommer ces gouts de façon équilibrée car l’équilibre est sattvique en lui-même. Chacun de ces gouts aura un effet sur nos tissus, mais également sur la qualité de notre mental. Selon les troubles mentaux nous pouvons modifier l’alimentation en faveur de certains gouts.

Par exemple, en cas de dépression, nous pouvons augmenter les gouts acides, piquants ou amers. Nous augmenterons les épices tels que la cardamome ou le gingembre et consommerons d’avantages de légumes verts. A l’inverse, pour une personne colérique, il sera bon qu’il élimine le gout piquant de son alimentation, avec notamment l’alcool, l’ail, le café… considérés comme tels, selon la vision ayurvédique. En cas d’hyperactivité, ces mêmes gouts seront diminués en faveur du sucre, sous forme de céréales complets et des fruits murs.

Notre santé mentale se joue donc, sur plusieurs plans. Dans la pratique, on peut commencer pour modifier son régime en introduisant des aliments frais, complets et biologiques On peut également consacrer dix minutes de sont temps à méditer pour apprendre à s’écouter et libérer les tensions accumulées. Rappelez-vous toujours que la santé se trouve souvent dans l’accomplissement d’actes simples.

Delfine Guino
t Praticienne ayurvédique (association Shakima)
www.shakima-ayurveda.com
Magazine CONTACT
Octobre 2010